mercredi 6 janvier 2016

Les jeunes et la lecture

Comme souvent, ce sont les jeunes gens qui restent les cibles privilégiées des vendeurs de temps - oui, ces divertissements semblent avoir l'incroyable faculté de créer du temps libre - mais n'oublions pas que nombre d'adultes sont aussi concernés. Le risque qui nous intéresse, au-delà de faire un semblant de procès à l'industrie du jeu et du télévisuel, est celui de générer une véritable indifférence à la lecture. Comment faire pour insuffler le goût de la lecture, y compris dès le plus jeune âge ?
La lecture est une habitude qu'il convient de prendre très tôt. Les parents jouent donc un rôle important pour ce qui est d'amener leurs enfants à être de bons lecteurs réguliers. Voilà pourquoi les premiers conseils s'adressent à ceux qui ont des enfants.
« Si vous êtes une chiffe molle vautrée devant votre téléviseur, votre enfant ne fera pas mieux. »
Dans un article intitulé Comment élever de bons lecteurs, le magazine Newsweek faisait ces observations remarquables de logique : « Si vous êtes une chiffe molle vautrée devant votre téléviseur, votre enfant ne fera pas mieux. Par contre, si vos enfants vous voient plongé avec délectation dans un bon livre, ils comprendront que vous ne prêchez pas seulement les bienfaits de la lecture, mais que vous y croyez vraiment. »
En termes de lecture, il y a donc des croyants et des pratiquants. Mieux vaut appartenir à la dernière catégorie. Pour quelle raison ? Parce que les enfants, et souvent nous-mêmes, sont sensibles à l'exemple. L'exemple reste le meilleur moyen d'amener quelqu'un à prendre de bonnes habitudes.
On entend parfois des parents dire que leurs enfants feront leur expérience par eux-mêmes et qu'il ne s'agit pas d'influencer leurs choix de vie. Si vous êtres parents, vous savez bien que si vous ne vous chargez pas d'inculquer à vos enfants ce que vous savez être bon pour eux,quelqu'un d'autre le fera. Inutile de préciser que s'il s'agit de leurs copains et copines le résultat peut être surprenant. A moins qu'il ne s'agisse de la télévision, autre compagnon pas toujours recommandable. Vous trouvez cela exagéré ?

Bienfaits de la lecture

Les immenses bienfaits de la lecture

Une jeune femme lit, assise sur une pile de livres
Pour rester jeune et belle... au moins dans sa tête.
La lecture est autrement plus riche. Il faut décider par nous-mêmes des visages, des genres, des lieux, etc. Et cette implication met en œuvre une infinité de capacités cognitives, pour leur plus grand bien.
Si, par exemple, vous lisez (comme présentement) le mot « maison », que se passe-t-il dans votre tête ? Votre cerveau va chercher dans votre mémoire tout ce qu'il sait sur les maisons. Parmi les résultats, il va sélectionner ce qui correspond au mieux avec ce qui semble lié au contexte. Selon que l'action se déroule en Alaska ou à l'équateur, la représentation de la maison sera différente.
Ensuite, les dimensions de l'édifice seront variables, toujours selon les éléments du livre. La maison abrite-t-elle une famille ? Des gens aisés ou pauvres ? Et ainsi de suite, jusqu'à former une représentation cohérente avec l'ensemble. Ces milliers d'opérations se sont déroulées en quelques fractions de secondes, et avec un seul mot. Imaginez le bouillonnement mental qui a lieu dans l'esprit à la lecture de tout un livre ou un article ! Or, de l'avis de tous, seule une activité mentale soutenue et régulière peut développer nos facultés cognitives et surtout les préserver en cas de dégénérescences.
Avec la lecture, « On fait ce qu'on veut, dit un lecteur de 10 ans. On peut imaginer chaque personnage comme ça nous plaît. Quand on lit un livre, on dirige plus les choses que quand on regarde la télé. » Le psychanalyste Bruno Bettelheim faisait observer que « la télévision bride l'imagination au lieu de la libérer. Un bon livre stimule l'esprit, mais le libère en même temps ».
Il est vrai que la télévision reste excellente lors, par exemple, de présentations documentaires où les images renseignent sur certains aspects. Mais au-delà des seuls avantages visuels, le texte écrit reste la meilleure source d'informations et d'apprentissage. « On a remarqué que des émissions adaptant pour la télévision des livres pour enfants ou des thèmes scientifiques incitent les jeunes à se tourner vers des livres abordant ces sujets. », d'après The Encyclopedia Americana. Avec équilibre, il semble donc possible d'user intelligemment de ces moyens d'information. Reste que sur le plan cognitif, la lecture remporte tous les suffrages.
« Il n'y a absolument pas d'autre moyen d'acquérir un vocabulaire étendu que de lire. »
Plus fort encore, la lecture est intrinsèquement liée à nos capacités orales. Autrement dit, si vous voulez parlez mieux et plus juste, lisez et lisez encore. Certes, l'exercice oratoire réclame lui aussi un entraînement, voire une formation. Mais ce qui alimente l'expression orale c'est notre « réservoir » mental et documentaire qui se nourrit, quant à lui, par la lecture.
Reginald Damerall, de l'université du Massachusetts, déclare : « Aucun enfant ou aucun adulte ne devient meilleur du fait de regarder de plus en plus la télévision. Les dispositions requises (pour la tv) sont si élémentaires qu'on n'a pas encore entendu parler d'incapacité à ce sujet. » Un professeur de littérature dit également : « La réussite d'un élève dépend énormément de son vocabulaire, autant dans ce qu'il comprend en lisant que dans sa manière de raisonner par écrit, et il n'y a absolument pas d'autre moyen d'acquérir un vocabulaire étendu que de lire. »
Il a précédemment été question de défauts de patience chez des téléspectateurs. La lecture, quant à elle, développe la patience. Neil Postman, spécialiste en communication, a écrit : « Les phrases, les paragraphes et les pages se déroulent lentement, à tour de rôle, et selon une logique qui est loin d'être intuitive ». Le lecteur doit nécessairement construire sa lecture, interprétant, comparant, évaluant et jaugeant chaque page et sa relation avec les autres. L'incroyable processus mental qui sous-tend la lecture insuffle persévérance, détermination et patience.
Certains avancent que des lecteurs « invétérés » finissent par se couper de leur environnement tant ils restent plongés dans leurs livres. C'est possible. L'objet de cet article est de souligner les immenses avantages de la lecture et non d'inciter les lecteurs - justement - à ne rien faire d'autre. Par ailleurs, certains se coupent effectivement de leur environnement mais pour d'autres raisons que la lecture. Citons les jeux vidéos, à peine mentionnés, et leurs pénibles dépendances. Il est, certes, important de savoir comment nous partageons notre temps de façon saine et équilibrée. La lecture reste, par essence, une activité riche et avantageuse.
Mais peut-être vous demandez-vous comment développer le goût pour la lecture, au cas où nous serions de petits lecteurs seulement ? Cet aspect intéressera aussi les parents qui pensent aux bienfaits de la lecture pour leurs enfants. Voyons encore comment les médias modernes peuvent être un frein au développement

mardi 5 janvier 2016

Livres outils pour jeunes chercheurs



Regardez ce video et voyez comment on peut utiliser les livres de nos jours pour faire de la recherche !!!

Les étudiants et le livre


La possession d’ouvrages est un bon indicateur du rapport que l’étudiant entretient avec la lecture et de l’investissement qu’il y consacre. De 1997 à 2006, la proportion d’étudiants possédant plus de cent livres dans leur bibliothèque personnelle est passée de 29,9 % à 25,3 %, et ceux qui en ont moins de dix ont vu leur part augmenter de 7,1 % à 12,9 %. Dans le même temps, la proportion d’étudiants dont les parents ont une bibliothèque d’au moins cinquante livres est restée stable (autour de 75 %). L’amoindrissement du nombre de livres possédés par les étudiants ne traduirait donc pas une baisse de l’héritage culturel, mais refléterait plutôt une différence intergénérationnelle accrue des comportements en matière d’information, de communication et de loisirs.
Le recul de la place du livre touche tous les étudiants, quelle que soit leur origine sociale. Il n’apparaît donc pas comme une conséquence directe de la massification de l’enseignement supérieur, qui est de toute manière antérieure à la période d’observation ici retenue 1.
C’est davantage dans la valorisation grandissante du capital scientifique et technique dans la hiérarchie scolaire au détriment du capital culturel de type littéraire qu’il faut chercher les explications à cette baisse. En effet, la période couverte par les enquêtes de l’OVE a notamment été marquée par une modification du rapport aux études, matérialisée par le développement des filières professionnalisantes (DUT, BTS, masters professionnels, etc.) en réponse à un souci croissant d’intégration sur un marché du travail plus tendu.
Dans ce contexte, la place que l’étudiant accorde au livre reste malgré tout toujours liée à son origine sociale, et ceux qui ont des parents diplômés du supérieur et cadres sont en général les mieux dotés en matière de livres 2. Le poids de la filière d’études demeure lui aussi très important, le nombre de livres possédés étant directement corrélé au type d’études. Les mieux dotés en matière de livres sont ainsi les étudiants ayant fait le choix de baccalauréats puis d’études supérieures les plus littéraires (classes préparatoires aux grandes écoles littéraires, filières lettres et sciences humaines).
La hiérarchie des genres de livres lus par les étudiants est la même depuis 1997 (tableau 1). Ainsi, les étudiants sont principalement consommateurs de romans et de nouvelles. Les bandes dessinées arrivent ensuite, devant les romans policiers et les ouvrages de sciences humaines et sociales. Quel que soit le genre de livres, la proportion de lecteurs baisse depuis 1997, à l’exception des bandes dessinées et des romans policiers. La baisse est particulièrement significative pour les ouvrages relevant de la culture classique (livres d’art, théâtre, poésie notamment) mais elle concerne aussi les romans et les nouvelles.

Les livres et les enfants

Lire un livre à un tout-petit

Entre 12 et 18 mois
  • Nommez ce qui l’intéresse, les actions des personnages autant que les objets.
  • Rendez l’expérience dynamique en étant expressif, en faisant des bruits (ex. : cris d’animaux) et en faisant des liens entre les images et des objets que votre enfant connaît (ex. : figurines d’animaux).
  • Posez-lui des questions simples commençant par « où? » et « qui? », par exemple « Où est le tracteur? » et « Qui a mangé la pomme? ».
Entre 18 mois et 3 ans
  • Encouragez votre enfant à choisir lui-même le livre que vous regarderez ensemble. Il y sera ainsi plus intéressé.
  • Adaptez-vous à son rythme et à ses envies. Puisque l’attention d’un tout-petit est courte, limitez l’histoire à 10 minutes. S’il veut lire plus, n’hésitez toutefois pas à continuer.
  • Lisez le vrai texte, car cela permet de lui faire découvrir un vocabulaire varié. Si son intérêt diminue ou si le livre est trop compliqué, faites des gestes pour l’aider à comprendre ou racontez l’histoire dans vos propres mots en vous adaptant à ce que comprend votre enfant.
  • Faites-le participer activement à la lecture. Posez-lui des questions sur l’histoire, les personnages, faites-le réagir avec des remarques saugrenues, reliez l’histoire à son quotidien (ex. : histoire d’un enfant qui ne veut pas dormir ou qui fête son anniversaire).
  • Quand il commence à aligner 2 mots (vers 18 mois), aidez-le à compléter ses phrases.
  • Personnalisez l’histoire. Faites de votre enfant le personnage principal de l’histoire et substituez aux autres personnages le nom de ses amis ou de sa famille.
  • Suivez du doigt les phrases. Vous lui apprenez ainsi que l’on écrit de gauche à droite, que chaque lettre a un son et un sens et, surtout, que vous n’inventez pas l’histoire.
  • Inscrivez-le à la bibliothèque pour qu’il découvre le plaisir de choisir lui-même ses livres. Profitez-en pour assister à « l’heure du conte » présentée par votre bibliothèque. Votre tout-petit adorera écouter des histoires avec un groupe d’amis.
  • Découpez des images dans les circulaires ou dans des revues et invitez votre enfant à inventer des histoires à partir de 2 ou 3 images.

L’importance du premier contact avec les livres
  • Présenté tôt, le livre devient source d’amusement et de plaisir. Il est perçu comme un moment de bien-être et de partage avec vous. Si le premier contact se fait à l’école, le contexte est alors bien différent puisque votre enfant doit apprendre à lire. La lecture devient alors une tâche, car il ne considère pas que livre et plaisir vont naturellement ensemble.
  • L’écrit est source d’apprentissages importants. À vos côtés, sans même s’en rendre compte, votre enfant apprend comment agir avec un livre, découvre de nouveaux mots, mais aussi les bases de l’écrit : on lit de gauche à droite, on tourne les pages, et tous ces petits signes signifient quelque chose. Avant son entrée à l’école, les livres lui feront aussi découvrir les lettres, les couleurs et les formes.
  • Le livre l’aide à construire son imagination. Très vite, votre enfant comprend que ce qui est sur la page lui ouvre les portes d’un monde plus vaste. Cela lui permet ensuite d’accéder à l’imaginaire, de se détendre et d’apprivoiser ses peurs.

Quel type de livre choisir?

Privilégiez les livres colorés présentant des illustrations concrètes et faciles à comprendre. Les illustrations plus abstraites conviennent mieux aux enfants plus vieux. Choisissez des livres aux histoires simples, qui se rapprochent du quotidien de l’enfant (ex. : la garderie, le dodo, le petit pot, l’arrivée du petit frère). Cela l’aidera à traverser certaines périodes difficiles.
Les livres traitant d’un thème particulier (ex. : chats, camions) sont aussi intéressants. Ils permettent à votre enfant d’en apprendre davantage sur les sujets qui l’intéressent.

Comment développer son intérêt pour la lecture?

  • Regardez souvent des livres avec votre enfant, même quand ce n’est pas la routine du soir. Vous pouvez aussi lire avant la sieste, à l’heure du goûter, ou même au moment du bain, avec un livre en plastique.
  • Laissez votre enfant choisir le livre que vous regardez ensemble lorsqu’il est capable de le faire. Votre tout-petit pourrait souvent vouloir le même livre, et c’est normal. Cela le sécurise et lui permet de mieux comprendre l’histoire à chaque nouvelle lecture.
  • Empruntez régulièrement des livres à la bibliothèque. Ainsi, votre enfant aura toujours accès à de nouveaux livres et il pourra développer son intérêt pour différents thèmes ou types de livres. Continuez tout de même à regarder ses livres préférés avec lui autant qu’il le désire.
  • Quand vous regardez un livre avec votre enfant, placez-vous face à lui. Ainsi, il peut vous voir sourire et parler. C’est aussi l’occasion pour lui de bien voir comment vous prononcez les mots.
  • Aménagez un petit coin lecture dans le salon ou la chambre de votre enfant pour lui donner le goût de regarder des livres souvent. Faites en sorte qu’il puisse prendre ses livres seul. Le coin peut inclure des coussins et des couvertures pour créer un environnement de lecture amusant et apaisant.
  • Lisez vous-même des livres pour votre plaisir. Vous envoyez ainsi le message que lire est agréable et permet d’apprendre mille choses. Vous êtes d’ailleurs la personne idéale pour transmettre à votre enfant le goût de lire, car vous êtes son modèle.


Ces livres qui m'ont fait aimer la lecture !

lundi 4 janvier 2016

Le livre de la journaliste italienne Costanza Miriano

« L’homme doit incarner le guide, la règle, l’autorité. La femme doit sortir de la logique de l’émancipation et embrasser le rôle de l’accueil et du service », affirme sur son site l'éditeur Le Centurion à propos de Marie-toi et sois soumise. Son guide au versant masculin clame quant à lui qu'il faut « des hommes vrais pour des femmes sans peur », comme si une femme sans époux n'était pas en mesure de se protéger, de se sentir bien et en sécurité. Cette vision rigoriste et archaïque des relations hommes-femmes exclue par ailleurs tout autre couple sortant de ce schéma traditionnel, souligne la pétition.

Le titre de l'ouvrage consacrée à la « parfaite épouse » fait référence à un épitre de Saint Paul, dans lequel on peut lire : « Femmes, soyez soumises à vos maris comme au Seigneur » et « Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l'Église, et se donna pour elle ». En France, l'interdiction de ces ouvraLa vocation de la femme est de collaborer au don de la vie ges a été initiée par le public. En Espagne en revanche, la sortie il y a deux ans de Marie-toi et sois soumise avait été accompagnée d'une demande d'interdiction de la part de la ministre de la Santé espagnole, Ana Mato. La ministre avait alors affirmé qu'il était « irrespectueux envers les femmes ». Ces dernières sont en effet présentées comme destinées à procréer et élever des enfants : « de toutes les manières possibles », peut-on lire dans Marie-toi et sois soumise. Une injonction qui contrevient à l'idée même d'une femme libre et indépendante.